S@W #8 : En quoi le savoir-être est-il indispensable à la conduite de la démarche entrepreneuriale ?

La fin prochaine de mes études appelle aussi  (j’espère) le dernier S@W (Student At Work). Un mix savoir-être et entrepreneuriat qui ne sont pas forcément mes domaines de prédilection (quoique désormais…) mais qui restent des sujets intéressants. Pour cette dernière j’ai constamment eu la peur de faire une caricature de mes dernières synthèses mais a priori ce n’est pas le cas.

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Parmi les exemples les plus célèbres de réussite entrepreneuriale se trouve Steve Jobs, un des créateurs d’Apple. Souvent considéré comme un modèle d’entrepreneur (n’a pas fini ses études – même s’il n’étudiait pas nulle part -, a créé une entreprise à succès, a innové…), sa mort a permis de délier certaines langues sur la personnalité clivante de cet homme, à la fois génie et manager aux méthodes malsaines. Un témoignage émanant d’un des designers de chez Apple faisait état de crises de colères et de coups de pressions sur certaines équipes ou personnes sans aucune raison apparente.

Si les médias ont tôt fait état d’une maladie mentale, ce contre-exemple m’invite à me questionner sur le caractère indispensable du savoir-être dans le cadre d’une démarche entrepreneuriale.

Dans cette synthèse je vais commencer par opposer le savoir-être au savoir-faire. En effet le second revêt à mon sens un aspect plus technique, d’une réalisation physique. Cela même si la tâche est digitalisée comme un trader qui achète des actions via son PC, ce qui est un savoir-faire.

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Plutôt que de prendre une définition traditionnelle, je me permets de reprendre les mots de Daniel Herrero (légende du rugby français et toulonnais, philosophe à ses heures) qui qualifierait le savoir-être comme « notre manière d’être au monde ». Cette citation divise le savoir-être en deux parties principales : le relationnel et le comportement.

Le relationnel pourrait lui être défini comme les normes et le système de valeurs dans lequel nous avons été éduqués, dans lequel nous évoluons et que nous avons intériorisé (Pierre Bourdieu l’appelle l’habitus). Le savoir-être admet être un objet positif, en cela que s’y conformer est valorisé par la société. Évidemment le savoir-être possède des caractéristiques différentes selon les pays et les aires culturelles, et il peut être intéressant de regarder du côté des 7 dimensions de Geert Hofstede pour effleurer ce sujet. Par ailleurs, la société valorise ce savoir-être à la fois dans un cadre professionnel et personnel. Pour donner quelques exemples de « savoir-être » actuellement à la mode : la bienveillance, l’écoute et la collaboration.

Collaboration car le savoir-être revêt, au-delà du relationnel, un volet de comportement (les deux sont liés, ce sont deux faces de la même pièce). Comportement à la fois individuel, sur une position d’entrepreneur, mais aussi au sein d’un collectif, une des définitions de l’entreprise (une des parties de la démarche entrepreneuriale) la plus couramment admise reste celle d’un collectif de travailleurs. Alors : pourquoi parler de collectif lorsque l’on parle de savoir-être ? Tout simplement parce que l’on n’entreprend jamais seul, contrairement aux figures médiatiques de réussites entrepreneuriales (self-made man, entrepreneur démiurge et j’en passe). A vrai dire nous ne sommes jamais réellement seuls dans nos sociétés (sauf peut-être à être l’unique survivant d’une tribu décimée par la maladie mais ce n’est pas le sujet).

Tout cela pose finalement la question de la place des relations interpersonnelles et du comportement dans le cadre de la démarche entrepreneuriale.

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Car finalement qu’est-ce que c’est être entrepreneur ? Au-delà de percevoir un besoin et d’y répondre, tout ne nous apparaît pas en songe. Attention aux entrepreneurs illuminés persuadés de détenir la vérité vraie (« il n’y a pas de force intrinsèque aux idées vraies » disait Bourdieu, citant lui-même Spinoza) sans jamais la vérifier de manière empirique. Ce genre de démarche est à l’entrepreneuriat ce que le beurre doux est aux bretons : une hérésie.

Dans Capitalisme, désir et servitude, Frédéric Lordon (philosophe au CNRS) nous livre une vision de l’entrepreneur comme un individu qui poursuit le but de réaliser son désir maître (le conatus de Spinoza, que Lordon étudie beaucoup), c’est-à-dire réaliser son « projeeet ». Mais quelle est la clé du succès d’un projet et d’une démarche entrepreneuriale en général ? J’en reviens au savoir-être.

Le savoir-être est un des thèmes récurrents du livre Réussir son étude étude de marché par Catherine Léger-Jarniou (que l’on ne présente plus). Ce livre nous montre à quel point le savoir-être ouvre des portes d’experts, de partenaires, de fournisseurs… Mais aussi de bouches : des précédents cités et des early-adopters. Ce sont toutes ces parties prenantes qui, combinées au désir maître de l’entrepreneur, qui concourent à la démarche entrepreneuriale, dans cet exemple par l’aboutissement d’un MVP (Minimum Viable Product) enrichi, sorte d’achievement dans cette démarche.

Mais le savoir-être doit, et c’est une des clés d’un management efficace, continuer à être, quelle que soit la taille de la structure qui nous permets d’atteindre notre démarche. Le savoir-être doit être constant et non un objectif épisodique en vue d’atteindre un objectif donné.

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Au vu de ces lignes il apparaît que le savoir-être est indispensable à la démarche entrepreneuriale. Il en est même l’un des facteurs clés de succès. Tout comme son pendant le savoir-faire il n’est pas inné chez tout le monde et nécessite un travail et une réflexion constante sur celui-ci.

Pour en revenir à Steve Jobs, il apparaît qu’il a toujours été entouré par des personnes ayant un bon savoir-être (dont Tim Cook reste la face émergée de l’iceberg), qu’ils soient co-fondateurs, associés, managers ou employés, ce qui, au-delà de la personne de Steve Jobs, a grandement contribué au succès d’Apple.

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