Louise Express #3 : Vaincu par la pluie

Après quelques mois de jobs de merde, le covid, le confinement et pas mal d’autres péripéties j’ai pu profiter de vraies vacances. 48 jours sur la route, les chemins et la mer. 48 soirs aux cours desquels j’ai, presque sans exceptions, écrit mes pensées, mes émotions et mes opinions dans un carnet. Je livre ici ce carnet, dans un ordre géographique, avec ses imperfections et ses pépites. Bienvenue à bord de la Louise.

-Glendhu Bay Motor Lodge, jeudi 29 octobre, jour 18, 1801km du départ-

La soirée a été parfait. On a bien bu. On a bien mangé. J’ai mal dormi par contre, étant descendu dans un « party hostel » avec bar ouvert jusqu’à 4h du matin. Heureusement le confort d’un vrai lit a contrebalancé ce désagrément. J’ai la plante des pieds en feu mais ça se calmera plus tard (les claquettes c’est la vie). Je profite tranquillement de cette belle matinée en lisant du Rancière, sur l’art du paysage, avant de rejoindre Léa et Pierre aux courses avant un pique-nique impromptu au bord du lac, à Frankton. On est ensuite repartis à Queenstown. Shopping et bières pour eux, j’assiste.

On en vient à parler de la Nouvelle-Zélande, du voyage, des « épreuves » jusqu’ici, des paysages, du « mérite », des raisons de notre présence. Je remarque beaucoup de réactance (« épreuves » vécues comme dures/difficiles renforçant l’appréciation du voyage et du pays, renforçant beaucoup – on surestime par ce procédé la qualité d’un bien ou d’un service en pensant le « mériter », « en avoir chié », s’être « sorti les doigts »). Ne croyant pas au mérite, pas à l’individu maitre de ses actes, pas au « quand on veut on peut » (je crois en l’inverse cependant) et toutes ces sortes de choses je suis en décalage. Ça ira, j’ai l’habitude. J’ai la flemme d’écrire la suite, il se fait tard et j’ai une grosse rando demain donc pas de plus amples développements.

Il faut savoir se reposer des fois.

-Kiwi Basecamp, lundi 2 novembre, jour 22, 2313km du départ-

A force de jouer avec le feu, de supporter le froid, le vent, la pluie, de gravir des montagnes, j’ai fini par pêcher par orgueil. Partir en rando devrait avoir pour préalable de vérifier la météo. Beaucoup, la majorité en fait, vérifient la météo avant de partir pour une rando. Pas moi. Du coup à jouer au pilote de Paris-Dakar j’ai perdu. Vendredi dernier (30 octobre) j’avais prévu d’aller au Raspberry Flat Carpark, un parking au cœur du Mt Aspiring National Park et point de départ de nombreuses randonnées.

L’(in)accessibilité du lieu aurait dû m’alerter : 50km de gravel road, des gués à franchir (une dizaine) et pas de réseau. La gravel road je connais. Pas de réseau, tant que c’est temporaire, n’est pas un problème. Les gués c’est autre chose. A l’aller, avec un début de pluie, c’est passé. Au retour, après 4h et quelques de marche sous la pluie (dont la moitié pieds nus pour franchir les nombreux ruisseaux), c’est pas passé. Enfin : j’ai passé le premier gué difficilement, à en juger par le bruit de ma courroie de transmission, et le second gué, plus profond, a tout simplement coupé mon moteur avec justes les roues avant hors de l’eau.

Difficile de rester calme, de garder ses nerfs dans une situation aussi inhabituelle. Très difficile. J’ai plus ou moins tenu, par patience sans doute. Dans un premier temps impossible de relancer le moteur. Ouvrir le moteur situé sous les sièges passagers. Voir l’eau du gué en dessous et se prendre des vapeurs de moteur dans le visage… J’ouvre les fenêtres. J’enfile mon poncho et je vais faire un tour dehors.

Les roues avant sont sorties du gué. L’arrière toujours dedans jusqu’à mi-roues. Je ne sais pas comment j’ai pu passer. En avançant un peu je remarque un deuxième gué à suivre, plus profond en apparence. Je remonte dans La Louise et j’essaie de la redémarrer. Surprise. Ça démarre. Peut-être que le temps passé dehors à fait refroidir le moteur, l’a fait « sécher », bref. Ça repart. J’engage la première, j’accélère, j’enlève le frein à main (démarrage en côte un peu énervé) et le van sort de son gué. Je me stoppe face au second quelques mètres plus loin. Là j’arrête le moteur et je vais sonder celui-ci. Jean remonté au-dessus du genou et pieds nus, un vrai petit parisien. L’eau me monte jusqu’au genou. Pas de bol, c’est aussi le niveau de mes portières, et plus que mon moteur.

J’avoue avoir passé un moment à envisager passer ce gué. Sur le côté peut-être, ça a l’air moins profond, mais la butte derrière est très haute. Passer le gué pour se retourner plus tard. Bof. Je rallume le moteur, j’avance. Je m’arrête. Ça ne passera pas. Ça ne peut pas passer. Je fini par reculer et me garer hors de la petite route. Je me calme mais c’est dur. Très dur de penser contre soi, de rompre l’hubris (note : crime commis contre les dieux chez les Grecs. Ne croyant plus en aucune sorte de dieu cela s’adresse plus contre les éléments). C’était pourtant vital pour la suite. Qui sait ce qui serait arrivé : à moi ? au van ? à quelqu’un d’autre ? On ne saura jamais et c’est très bien comme ça.

Van garé. Qu’est-ce que je fais maintenant ?

J’ai attendu. En tête à tête avec la pluie. Sortant de temps en temps pour guetter une potentielle trace de vie en amont ou en aval. Rien. Je commençais à réfléchir à dormir dans le van, attendant que la pluie passe et que les gués (je rappelle qu’il en reste une demi-douzaine après le gros) redescendent de niveau. Toujours est-il que je suis stressé et mouillé. Pas la meilleure des situations pour résonner clairement.

Et là… Une jeep noire s’arrête au gué derrière moi. Tous feux éteints, celle-ci s’engage facilement dans dans le gué. Je sors (avec mon magnifique poncho rouge) et les hèles. Ils s’arrêtent à mon niveau, me demandant si tout va bien et si j’ai besoin d’aide. Je leur demande si c’est possible de me ramener à mon camping. Pas de problème, ils vont à Wanaka et c’est sur la route. Déjà ça de gagné. Un suédo-kiwi au volant et Steffan, un Allemand, en copilote (et moi derrière avec quelques affaires prises à l’arrache), ils reviennent d’une randonnée alpine à côté de la hut où je m’étais arrêté.

La jeep s’engage dans le gué. Le chauffeur regarde dehors et dit « je crois que c’est au niveau de la portière ».  Frein-à-main. Il ouvre la portière. Effectivement, au milieu du gué, l’eau est à peine sous la portière. Il ferme la porte et me dit « tu n’aurais jamais pu passer, c’est le plus profond. On était déjà étonnés de voir un van aussi loin ». Heureusement j’ai pris une « bonne » décision (l’évitement d’un mal) finalement. La voiture a continué doucement et tranquillement sa route sur la piste, passant les gués et évitant les vaches et les moutons qui en ont pris possession. La pluie dehors continue de battre et je commence à réfléchir à la suite.

Le camping d’abord. Rassembler les affaires que j’y ai laissé. Essayer d’y avoir une chambre ou prier pour un remboursement. Prévenir la police me semblait aussi une bonne idée, à la fois pour éviter une amende de parking/camping illégal ($200 tout de même) mais aussi pour éviter une mise à la fourrière à la demande d’un propriétaire mécontent. Impossible d’avoir une chambre abordable au camping. Je rassemble donc mes affaires réussit à me faire rembourser d’une nuit restante et retourne faire du stop pour Wanaka. Cinq minutes plus tard, un Américain, client du camping, rendant à Wanaka faire des courses, me prends à son bord. Arrivé là-bas, je me rends au commissariat, fermé. Après avoir rempli un formulaire en ligne, je me rends à l’hôtel le moins dur. Deux nuits devraient faire l’affaire.

Rendu dans ma chambre je réalise que : mon poncho, ma veste, mes chaussures et mes chaussettes sont très humides, je n’ai pris qu’un slip et une paire de chaussettes sont très humides, je n’ai pris qu’un slip et une paire de chaussettes de rechange, pas de serviette ou même de brosse à dent, quelques victuailles qui ne suffiront pas. Je pars d’abord faire des courses pour compléter ces deux jours et mets une partie de mes affaires à sécher. Un peu épuisé, je me couche tôt ce soir-là, même si le bar (appartenant à l’hôtel), dont la sortie est en bas de ma fenêtre, n’aide pas à trouver le sommeil rapidement. Le lendemain après-midi, après avoir patienté toute la matinée que mes affaires sèchent, je fais un petit tour du lac Wanaka. La ville est moins touristique que Queenstown, plus calme, même s’il me semble que l’on puisse bien y manger et boire. Dans la matinée j’ai aussi réussi à trouver quelqu’un pour m’emmener à mon van le lendemain. C’est Pierre, le copain de l’hôtel.

-Coucher de soleil sur le lac Wanaka-

Il m’a récupéré vers 11h pour 2h et quelques de route aller (la piste, les passages de bétail et les gués ça ralentis) dans la pampa. Sur la route il m’apprend comment passer les gués en toute sécurité. Mettre la seconde, entrer doucement et en roue libre, jouer avec l’embrayage pour doucement passer le gué, et voilà ! le van était toujours là. Intact en apparence.

Premier test : tourner la clé et démarrer. Le moteur démarre, monte dans les tours et, malgré un bruit venant de la courroie de distribution, aucun problème de côté-là. Deuxième test : enlever le frein et passer la première. Là ça bloque. Impossible de passer une vitesse. Je remets le frein à main et je coupe le moteur. J’essaie de passer les vitesses moteur éteint. Ça fonctionne. J’appelle Pierre à l’aide. Il bidouille un peu, fait chauffer le moteur, l’éteint, passe la première, rallume le moteur. Ça à l’air de marcher. Je recule pour qu’il puisse passer le gué. Un gros bruit métallique retenti au moment où la voiture part vers l’avant. La Louise passe donc le gué. Prête à rouler. Bon ben, y’a plus qu’à retourner à Wanaka pour faire le point sur la situation.

Je suis fatigué, physiquement et nerveusement, mais je pourrais quand même continuer sur la même route, les provisions sont suffisantes. Mais j’ai pas envie. Pierre retourne vers Christchurch. Sherry peut m’héberger. C’est parti pour 5h de route en convoi à travers les montagnes et la plaine. On passe Pukaki, Tekapo, Clay Cliffs, etc. J’arrive chez Sherry avec la nuit pour une semaine de repos. Mérité et peut-être salvateur.

-Capture réalisée par un professionnel dans les longues plaines du Canterbury-

-Collins Memorial Reserve, dimanche 8 novembre, jour 19, 2826km du départ-

De nouveau du voyage ! Après une bonne semaine de repos alternant repos chez Sherry et passages à Kiwi Basecamp. Je suis parti à Kaikoura avec Sherry. Cette ville est connue pour sa vie marine, très active grâce à la proximité d’un canyon sous-marin attirant baleines, cachalots, dauphins, phoques, etc. On a eu la chance d’avoir un ballet de trois dauphins dans la rade de Kaikoura (à la jumelle) et de visiter des colonies d’oiseaux (shags, cormorans et mouettes) et de phoques. Ça a été un très bon week-end même s’il a fallu se séparer au final, chacun retournant à son quotidien. Moi sur la route. Sherry à Christchurch. Ça a été un peu compliqué comme séparation, elle a versé une larme, j’ai failli moi aussi. C’est surprenant comme réaction d’attachement.

On a beaucoup parlé d’après le voyage. Vente du van à Auckland, retour à Christchurch, vacances en amoureux, départ ou demande de visa ? On en parle beaucoup de ce dernier. Il y a une option qui me permettrait de rester ici et d’avoir un visa lié à ma relation avec Sherry. Elle veut qu’on prépare les papiers, histoire d’envoyer la demande quand je rentre. Dans l’immédiat c’est la solution avec le plus de chances d’aboutir. Mais j’hésite. Au-delà de l’investissement financier et personnel j’ai peur de l’échec amplifié par l’espoir d’une fin heureuse. A rajouter à un départ/retour précipité en France. J’ai peur, je suis perdu, bref : je n’arrive pas à me décider, dans un sens comme dans l’autre. Ça m’emmerde. La France et la famille me manquent d’un côté. J’ai peur de ne jamais revoir Sherry et/ou d’aller vers une relation qui ira dans le mur. Pourquoi c’est si compliqué ?

Chose à part : départ demain sur le Queen Charlotte Track, trois jours de rando (humide à priori) entre chemin côtier et plages de sable doré. J’espère que cette histoire de tente va bien se passer parce qu’ensuite direction le Nord !

-Camp Bay Campsite, lundi 9 novembre, jour 20, 2832km du départ-

Surprise au réveil ce matin de trouver le van de Manon, une amie, sur le même freecamp que moi (12 places). Après l’avoir réveillée (je voulais la voir mais je devais partir à 9h), j’ai appris qu’ele s’était retrouvée là à cause de l’annulation de son ferry pour Wellington. Bonne surprise mais retrouvailles de courte durée car j’ai dû partir pour mon avant-dernière randonnée de plusieurs jours : le Queen Charlotte Track.

J’avais rendez-vous sur le port de Picton, d’où plusieurs compagnies font la liaison entre la ville et le « sound », sa randonnée et ses lodges hors de prix. Malgré des vagues et un temps qui ne va pas s’améliorer (surtout du vent et un peu de pluie) nous étions le dernier bateau autorisé à se rendre à Ship Cove/Maretoto, lieu ayant abrité l’Endeavour du Cpt. Cook.

-Ship Cove/Maretoto-

Je connais déjà un peu ces paysages pour avoir fait le Abel Tasman Coastal Track, à l’ouest de Picton.

Je retrouve ici ces sentiers en bord de falaise débordants d’arbres et une piste jaune-orangée typique de la région. A cause d’une erreur de calcul d’itinéraire ce ne sont pas 22km à réaliser en 7h qui m’attendait mais 26.5km à faire en 9h. la journée a donc été une petite course contre la montre histoire d’arriver plus tôt que le 20h qui m’était annoncé. La route a cependant été plutôt agréable avec ces beaux paysages, malgré une piste humide/boueuse à cause de la pluie des derniers jours. Pas de pluie, la météo n’en prévoit que demain, donc tout va plus ou moins pour le mieux avec une étape bouclée en 6h20.

Je n’ai pas eu de problème à monter ma nouvelle tente 1er prix (et 1re tente), cette même tente qui a déséquilibré mon paquetage toute la journée me causant des douleurs à la hanche et à l’épaule. Droite. Je n’aurais pas dû la mettre du même côté que la bouteille d’eau 1.5l… Je rectifierai ça demain. Niveau équipement je ne suis pas loin d’atteindre mon summum en termes de poids et d’équipement. Je connais maintenant parfaitement ce dernier et j’ai pu cannibaliser et rentabiliser mon chargement. Ah et j’ai oublié ma cuillère. Je m’en suis rendu compte un peu après mon goûter (pompotes pour bébé, la base désormais) et ça n’a pas été loin de m’achever. Un jour je vais oublier ma tête… si je ne l’ai pas déjà fait.

Marcher c’est l’occasion pour moi de chanter un peu pour me donner du rythme. « Les filles de Lorient », « La Blanche Hermine », « La Strasbourgeoise », « La semaine sanglante », et « Guerre, Guerre, Vent, Vent » pour celles d’aujourd’hui. J’aime bien chanter tout seul maintenant, ça me permet de chasser des mauvaises pensées et sentiments.

J’ai chanté sur toute la route de Kaikoura à Picton pour m’enlever l’envie de pleurer. Evidemment je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Sherry et au visa, en prenant un peu de recul et en me référant à ces auteurs qui construisent mon idéologie (ce mot si beau). Ici Kropotkine, Spinoza et Kant.

Kropotkine d’abord, le prince russe géographe anarchiste, pour sa simple définition du bien comme étant parfois l’évitement d’un mal (La morale anarchiste). Spinoza pour les affects et les passions qui nous empêchent d’être nous. Hier je me suis retrouvé dans une situation où un affect négatif (bien que lié à un affect positif que je pense être l’amour spinozien) à eu un impact physique sur moi et peut-être aussi psychique en me conditionnant inconsciemment à ne pas réitérer, ne pas rencontrer à nouveau cet affect négatif de perte (temporaire mais qu’importe) d’un être aimé.  Que je sois clair avec moi-même (si tenté que je puisse l’être) : je n’ai jamais ressenti ça avant pour une personne qui n’est pas ma mère. Cette exception est donc à noter tout de même (on ne tomberait amoureux que 2 ou 3 fois dans notre vie). Pour éviter de me sentir mal à ce moment j’aurais dû rester avec elle. Pour ne plus le ressentir à l’avenir, je dois rester avec elle. Cependant.

Cependant ce faisant je réponds à un affect, entrainants d’autres réactions affectives plus tard, potentiellement négatives : mon voyage, les expériences qui y sont attachées (road-trip, vie spartiate, isolement social, liberté), les choses que je veux faire (Queen Charlotte Track, Tongariro, Hobbiton…) et cela n’est que du court terme, je pourrai rajouter d’autres choses en me projetant dans le futur. Bref. J’ai toujours le cul entre deux chaises par rapport à cette demande, ou non, de visa. Quelqu’un de peu éveillé intellectuellement – attention ça va juger au lance-flamme de mon dédain – lisant ces lignes pourrait s’exclamer « quand on veut, on peut ». Oui mais carte spéciale Kant activée : « quand on peut, on veut ».

Est-ce que je le peux ? Mes finances sont dans le flou le plus total entre le coût estimé du voyage (supporté à la fois par mes comptes français et kiwi), le potentiel de vente de mon van et ma « fraicheur » mentale à retrouver les emplois ouvriers intérimaires qui seuls s’offrent à moi. Ma tête voudrait être avec Sherry, rester avec elle. Elle voudrait aussi être en France avec ma famille, mes ami.e.s, à accomplir des choses auxquelles j’ai été préparé depuis longtemps. Si je ne peux prendre de décisions c’est sans doute qu’il y a trop de paramètres et d’inconnues à gérer dans ma tête. Il faut donc que j’attende. Qu’on attende. L’éclaircie, la fulgurance folle qui statuera sur la situation.

Je dois donc patienter que ma tête et mes horizons s’éclaircissent. Être patient. Attendre. Garder mon temps. Et manger avec ma cuillère en bois de fortune faite par moi ! Bon app’

Me vient en tête un dialogue d’Ellana dans Le Pacte des Marchombres (Pierre Bottero) :

« – Un ours et un loup se battent pour le contrôle d’un territoire. Lequel des deux à raison ?

– Le chat qui les observe »

-Sequoia Lodge Backpackers, mercredi 11 novembre, jour 22, 2892km du départ-

J’aurais aimé l’écrire le jour 21 mais impossible. Trop froid, mes mains tremblaient beaucoup trop. Il était censé pleuvoir en début de nuit et le lendemain entre 10h et 14h. la seule affirmation est la fin de la pluie à 14h. Il a plu toute la nuit et toute la journée, rendant la route, déjà boueuse, difficilement praticable. J’ai pu constater les limites d’une petite (par opposition à grande pour la taille) tente 1er prix. Le vent ça allait. La pluie aussi. Mais le problème des tentes une paroi c’est la condensation ! Il y en avait partout, et ça coulait dès que je touchais un des bords. Par ailleurs, la technique que j’ai utilisée pour me passer de tapis de sol, à savoir mettre mes affaires sous mon sac de couchage, ne marche qu’avec des affaires épaisses/d’hiver. J’ai donc passé les deux dernières nuits à tourner et me retourner pour trouver un sommeil profond. Sans succès. Du coup dans de piètres conditions de sommeil j’ai dû avancer à travers la pluie, vêtu de mon magnifique poncho. C’était dur mentalement, cela ajouté à mes douleurs à la hanche et à l’adducteur droit (causés par… la tente).

Pas un chat sur la route. 2 chèvres ferrales. Et c’est tout. Du vent, de la pluie, du gris. Avancer. On pensera au reste après. Le reste c’était Cowshed Bay, un campsite avec un abri (salvateur bien que surprenant). Arrivé là, petit rituel : monter la tente, mettre le poncho pour couper du sol de la tente trempée, poser mon sac, prendre les affaires nécessaires. Je suis arrivé tôt. Trop tôt. J’ai donc passé un moment dans le seul endroit sans vent : les toilettes. C’est à ce moment que j’ai commencé à avoir froid.  Mes chaussures trempées et mes chaussettes trempées me faisaient grelotter. J’ai donc avancé mon repas d’une bonne heure.

Manger chaud ça remet d’aplombs. J’ai arrêté de trembler et d’avoir mal à la tête et je suis parti dans ma tente enfiler mes vêtements secs et tenter de dormir. Sans succès encore si ce n’est une meilleure gestion de la condensation (pas de pluie donc forcément…). Le lendemain moins de douleurs, pas de pluie avant 14h donc j’ai avancé encore. 21km sur 71 au total. C’est bien passé malgré trois grosses et/ou longues montées typiques de la région. J’ai rencontré 2 couples de petits vieux me demandant laquelle je préférais avec Abel Tasman. Abel Tasman bien sûr : plus de diversité de paysages (montagnes, forêts, plages, falaises, plus animée (plus d’oiseaux et d’humains), mieux équipée (des huts !) et surtout plus ensoleillée (ça doit jouer forcément). Les sounds sont majestueux, donnent envie d’être au temps des explorateurs et des pirates, mais manquent souvent de variété. Bref.

La journée s’est bien passée, boueuse et glissante (parfait pour les adducteurs) à souhait. Arrivé à Anakiwa, là où mon water taxi devait me prendre, j’ai pu constater les dégâts du combo chaussures/chaussettes humides/randonnée longue : mes pieds étaient (sont toujours) douloureux sur la plante et jaunes (?). J’essaie de soigner ça autant que possible mais on verra plus tard pour refaire une rando.

Dans tous les cas ce sera sur l’île du Nord car je pars pour Wellington demain !

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